Notre actualité

Depuis 10 ans, chez Kodiko, nous faisons un pari simple : la rencontre peut changer une trajectoire. Et lorsqu’elles se multiplient, les rencontres peuvent changer la société.
10 ans après nos débuts, nous avons voulu savoir ce que ces rencontres avaient vraiment produit.
« Se rencontrer avec Kodiko » est la synthèse d’une étude qualitative menée par Farah Kodeih et Joanna Seraphim, professeures et chercheuses à l’IESEG School of Management, à partir des témoignages de 70 personnes réfugiées accompagnées par Kodiko. À travers des entretiens individuels approfondis, l’étude revient sur leur expérience avant, pendant et après leur participation au programme.
« Se rencontrer avec Kodiko » explore leurs parcours, les évolutions personnelles et professionnelles vécues depuis leur participation, et ce que les rencontres avec Kodiko ont changé pour elles.
L'étude identifie trois effets récurrents de l'accompagnement :
Plusieurs participants citent le réseau comme le bénéfice qu’ils retiennent en premier. Ce réseau se déploie sur plusieurs plans : les liens tissés entre participants, la relation durable avec le binôme, et la rencontre avec des Français, qui permet de déconstruire l’idée d’une distance infranchissable avec la société d’accueil.
“Quand j'ai fait la formation avec Kodiko, on a eu un lien avec beaucoup de Français, des gens bien. Et je trouve ça sympa, parce que avant, on pense qu'il y a une distance, qu'il y a des obstacles entre les Français et les étrangers. Mais ce n'est pas vrai. Il faut juste faire le contact, faire le lien.” — Rana, Syrie
L'analyse des 70 parcours dessine quatre grandes familles, sans hiérarchie de valeur entre elles.
1. L'insertion professionnelle : reprise du métier d'origine, parfois rapidement (quelques mois), parfois après un long détour par les études françaises pour faire reconnaître un diplôme.
2. La reconversion : soit choisie et vécue comme une construction (nouvelle formation, nouveau projet devant l’impossibilité de reprendre leur métier d’origine — non-reconnaissance de diplôme, marché saturé, contraintes réglementaires), soit subie, avec un sentiment de déclassement, voire une perte d’identité professionnelle.
3. La précarité persistante : des profils souvent très qualifiés (ingénieurs, juristes, comptables) bloqués par des obstacles structurels : diplômes non reconnus, quotas, barrière linguistique. Kodiko donne des outils et du réseau, mais ne peut pas lever seul ces blocages institutionnels.
4. La formation continue : des parcours encore en cours (licence, master, CAP), dont l'issue dépendra du diplôme et du premier contrat.
L'étude, à lire comme des tendances et non des preuves statistiques strictes, met en évidence plusieurs facteurs :
Les 70 parcours restitués dans ce rapport ont en commun l’exil, la perte des repères sociaux et professionnels, et la rencontre avec Kodiko.
Mais aucun ne ressemble à un autre. Derrière la diversité des pays d’origine, des métiers, des niveaux de français, des âges et des situations familiales, on retrouve toutefois une structure commune.
Ce que les participants décrivent le plus massivement n’est pas un “effet emploi” immédiat (même si beaucoup trouvent du travail) mais la restitution d’une capacité d’action : se présenter, décider, postuler, se projeter.
L'étude est aussi honnête sur les limites de l'accompagnement. Il ne peut agir seul sur : l'accélération de la reconnaissance des diplômes étrangers, un accès plus ouvert aux professions réglementées, la fin des discriminations ou la précarité administrative.
L'inclusion professionnelle des personnes réfugiées est une responsabilité collective. Elle engage aussi la société qui les accueille et les entreprises qui y prennent part. Les entreprises et leurs collaborateurs détiennent une partie des solutions pour lever les obstacles à l'inclusion et ouvrir des opportunités concrètes pour l'emploi des personnes réfugiées.
Elles contribuent ainsi à faire vivre une société où chacun·e peut trouver sa place et exprimer ses compétences, quelle que soit son origine.